Les régimes de retraite à prestations déterminées canadiens, toujours en santé: Mercer  

Montréal, le 2 juillet 2024

La santé financière des régimes de retraite canadiens à prestations déterminées (PD) a été volatile au deuxième trimestre de 2024, laissant la capitalisation globale des régimes en fin de trimestre dans une situation similaire à celle du début du trimestre. L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui mesure le degré de solvabilité médian des régimes de retraite PD figurant dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, s’est établi à 118 % au 29 mars 2024, puis s’est élevé à 123 % au 30 avril 2024, pour ensuite reculer à 122 % au 31 mai 2024, pour finalement redescendre à 118 % au 28 juin 2024. Le degré de solvabilité est l’une des mesures de la santé financière d’un régime de retraite.

Au deuxième trimestre, les actifs de la plupart des régimes ont réalisé des rendements positifs sur les titres à revenu fixe, les actions américaines et les actions internationales. Cela dit, ces rendements ont généralement été contrecarrés par les rendements négatifs des actions canadiennes et l’augmentation des passifs des régimes PD. Au net, ces tendances ont maintenu les degrés de solvabilité au même niveau. Les régimes de retraite PD qui ont eu recours au levier avec les titres à revenu fixe peuvent avoir enregistré des degrés de solvabilité stables ou meilleurs. 

En outre, le nombre de régimes dont le degré de solvabilité était supérieur à 100 % à la fin du deuxième trimestre est généralement similaire au résultat obtenu à la fin du premier trimestre.

« La santé financière globale des régimes de retraite canadiens à prestations déterminées demeure excellente, a déclaré F. Hubert Tremblay, membre du partenariat de Mercer Canada. Cependant, la variation des taux d’intérêt et la volatilité des marchés au cours de ce trimestre nous rappellent que la capitalisation des régimes PD peut changer rapidement et que les promoteurs de régime doivent planifier en conséquence. »

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Le 5 juin, la Banque du Canada a baissé le taux de financement à un jour, le faisant passer de 5,00 % à 4,75 %, et elle s’attend à ce que l’inflation continue de se rapprocher de la cible de 2 %1. L’inflation canadienne s’est d’abord apaisée, passant de 2,9 % en janvier à 2,7 % en avril, puis est remontée à 2,9 % en mai2. Bien que l’inflation demeure dans la fourchette supérieure de 3 %  de la cible de maîtrise de l’inflation de la Banque du Canada, le parcours de l’inflation vers la cible de 2 % devrait être cahoteux. Alors que le taux de financement à un jour a baissé de 0,25 %, les taux d’intérêt des obligations canadiennes à plus long terme ont monté au cours du trimestre. D’ailleurs, le taux de financement à un jour reste plus élevé que les taux des obligations canadiennes de grande qualité à plus long terme. Par conséquent, les parties prenantes des régimes de retraite PD surveilleront de près l’inflation canadienne et l’évolution des taux à long terme des obligations canadiennes, compte tenu de la nature à long terme de ces régimes.

La capitalisation des régimes de retraite canadiens demeure excellente. Toutefois, un nouveau rapport de l’Institut canadien des actuaires révèle les tendances pouvant influer sur leur durabilité à long terme. Le rapport sur la mortalité de la population canadienne conclut que l’espérance de vie au Canada devrait s’améliorer à des taux plus élevés que ceux utilisés dans le secteur des régimes de retraite. Il s’agit certes d’une bonne nouvelle pour les Canadiens. Cela dit, elle laisse entrevoir des défis pour les régimes de retraite PD, puisque les rentes viagères pourraient devoir être versées plus longtemps, ce qui pourrait se traduire par une augmentation des passifs de 2 % à 4 %, en général. Il est donc conseillé aux gestionnaires des régimes de retraite PD d’évaluer l’incidence de cette amélioration de l’espérance de vie sur leur régime.

« Les gestionnaires de régimes de retraite canadiens à prestations déterminées ont longtemps parlé du risque de longévité et de ce qu’il signifie pour la capitalisation », a ajouté M. Tremblay. Il incombe aux gestionnaires d’évaluer le niveau de capitalisation, de procéder à un examen stratégique des risques auxquels les régimes sont confrontés et de prendre les mesures requises. »

La récente volatilité de la santé financière des régimes de retraite PD au deuxième trimestre nous rappelle que les taux d’intérêt canadiens peuvent changer, que les risques d’inflation persistent, que les marchés restent volatils et que l’espérance de vie des participants – et de leur conjoint – pourrait être plus longue que prévu. Les gestionnaires de régimes PD en excédent d’actif devraient tout naturellement prioriser la planification de scénarios de difficultés financières futures dans le cadre d’une stratégie efficace de gestion des risques. L’utilisation de l’excédent d’actif pour bonifier les rentes ou donner un congé de cotisations reste valable. Par contre, son incidence financière devrait être étudiée et bien comprise.

Il serait également prudent d’examiner lesquels parmi les risques d’un régime de retraite devraient être conservés ou transférés (p. ex., au moyen de l’achat de rentes). Bien que bon nombre de régimes de retraite PD priorisent l’achat stratégique de rentes, ils peuvent se doter d’une stratégie de placement personnalisée, qui constitue une solution de rechange durable à l’achat des rentes, même que, dans certains cas, il s’agit de la seule solution possible. Un examen régulier de la politique de placement d’un régime de retraite est encore approprié. La portée de ces examens peut être élargie pour tenir compte des convictions en investissement durable.   

Il est aussi conseillé aux gestionnaires des régimes de retraite canadiens à cotisations déterminées (CD) de comprendre les résultats de la recherche sur la mortalité de la population canadienne, car ils révèlent le risque qu’un participant puisse survivre à son compte CD. Un examen en temps utile du régime de retraite CD concorderait avec la publication prévue cet été de la mise à jour des Lignes directrices pour les régimes de capitalisation de l’Association canadienne des organismes de contrôle des régimes de retraite3.

Du point de vue des placements 

Un portefeuille équilibré type aurait produit un rendement positif de 1,7 % au deuxième trimestre de 2024.  Au début du trimestre, le marché a joué de prudence en raison de la revue à la baisse des attentes de baisse des taux d’intérêt, soutenues par d’excellentes données économiques et inflationnistes. Toutefois, les actions et les titres à revenu fixe se sont redressés compte tenu de la vigueur des résultats des entreprises et des premières baisses de taux des banques centrales des marchés développés. Contrairement aux tendances récentes, les marchés émergents ont surpassé les marchés développés, bénéficiant d’une forte croissance et d’un contexte de taux plus bas.

Les actions mondiales maintiennent leur rendement favorable, soutenu par la résilience des économies développées et la vigueur persistante de l’économie américaine et des données sur la consommation. La croissance de la consommation est restée forte, stimulée par la hausse des revenus et l’épargne accumulée pendant la pandémie. Les pressions inflationnistes s’étant atténuées, les grandes banques centrales ont donc commencé à baisser leurs taux d’intérêt, ce qui a porté les marchés des actions à l’optimisme et entraîné une baisse des taux et des rendements positifs des titres à revenu fixe. Une baisse limitée de l’inflation américaine ainsi que de solides données sur les dépenses de consommation publiées à la fin de juin ont fait reculer les obligations et les actions, ce qui a réduit l’ampleur des gains trimestriels.

Les tensions géopolitiques et les élections surprises au Royaume-Uni et en France ont suscité une forte incertitude au Royaume-Uni et dans la zone euro. Ces régions ont donc été moins performantes que les États-Unis qui ont maintenu des niveaux de production élevés et de bons résultats du côté des entreprises. Les marchés émergents – surtout le Brésil et l’Inde – ont fait preuve de croissance et de résilience. En Chine, l’indice PMI signale une transition en territoire expansionniste, alors que le gouvernement a proposé un soutien au secteur l’immobilier qui est affaibli. En conséquence, les marchés émergents ont clos le trimestre en force et ont même dépassé les marchés développés.

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En juin, la Banque du Canada a été la première banque centrale du G7 à abaisser son taux de financement à un jour. La décision s’est justifiée par quatre mois consécutifs de ralentissement de l’inflation de base et des écarts moindres dans les hausses des prix, ce qui a permis de conclure que « la politique monétaire n’a plus besoin d’être aussi restrictive ». En conséquence, les marchés des titres à revenu fixe ont enregistré de bons résultats, grâce à la baisse des taux en réponse aux attentes de nouvelles diminutions des taux d’intérêt. L’état d’esprit a changé au cours de la dernière semaine de juin, en raison de la hausse de l’inflation canadienne, ce qui a entraîné une nouvelle hausse des taux et un ralentissement des gains trimestriels sur les obligations. 

Malgré la volatilité trimestrielle, les marchés de la dette canadienne ont affiché des rendements positifs. Le dollar canadien a perdu de la valeur par rapport aux autres grandes devises, la plus forte dépréciation ayant été observée contre la livre sterling et le dollar américain, suivies de l’euro.

Contrairement à la Banque du Canada, la Réserve fédérale américaine (Fed) n’était pas encore prête à baisser ses taux et reste prudente quant à un revirement à court terme. La Fed insiste sur l’importance des données positives avant d’aller de l’avant. Les banques centrales de nombreux pays développés ont procédé à une première baisse de leur taux directeur. En effet, la BCE, la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre ont toutes entamé un cycle de baisse. Bien que les premières baisses de taux du G7 aient eu lieu, les banques centrales soulignent toutefois la nécessité de disposer de données complémentaires avant de prendre de nouvelles mesures.

Les marchandises mondiales ont enregistré d’excellents rendements durant le trimestre, grâce à l’or et au pétrole. L’immobilier continue de pâtir comparativement aux marchés des actions, en raison de sa sensibilité aux taux d’intérêt. Bien que la confiance de l’immobilier mondial se soit raffermie, les taux d’intérêt devraient devoir baisser avant qu’il y ait une reprise de l’activité.

Le marché canadien des actions a chuté durant le trimestre, ce qui constitue un net contraste avec les autres marchés des actions. Les soins de santé, l’immobilier, les services de communication et les technologies de l’information ont nui le plus. En revanche, les matériaux et les produits de première nécessité ont réalisé d’excellents résultats, grâce à la vigueur des prix des marchandises et à la demande. Le prix des maisons reste élevé, poussé par le fort déséquilibre entre une forte demande et une offre limitée.                                       

« Les actions des marchés émergents se négocient à escompte important par rapport à celles des marchés développés, ce qui offre une possibilité de diversification régionale et de surperformance dans les périodes à venir. Toutefois, il est important de s’associer à des gestionnaires hautement qualifiés qui peuvent diversifier efficacement les portefeuilles, générer un alpha positif et offrir une protection contre les baisses au besoin », a déclaré Jean-Pierre-Talon, membre du partenariat de Mercer Canada.

Dans ce contexte de volatilité des marchés, les promoteurs de régimes de retraite canadiens doivent également tenir compte du nouveau groupe de travail économique dirigé par Stephen Poloz qui, dans le cadre du budget 2024 du gouvernement du Canada, a été mis en place pour étudier comment catalyser de plus grandes possibilités de placement intérieur pour les caisses de retraite canadiennes. Ce groupe sera chargé de cerner les possibilités de placement prioritaires qui permettront d’accroître l’épargne-retraite des Canadiens. Ces possibilités devront respecter la responsabilité fiduciaire et actuarielle des régimes de retraite canadiens, favoriser l’innovation et stimuler la croissance économique. Le groupe se penchera aussi sur plusieurs domaines d’intérêt, notamment l’infrastructure numérique et l’intelligence artificielle, l’infrastructure physique et la construction de maisons sur des terrains publics, et envisage d’éliminer la règle des 30 % pour les placements intérieurs. Les conclusions du groupe de travail concerneront tous les Canadiens.

Le gouvernement fédéral propose également de modifier la Loi de 1985 sur les normes de prestation de pension afin d’exiger du Bureau du surintendant des institutions financières de renseigner le public sur les placements des grands régimes de retraite sous réglementation fédérale. Les renseignements à communiquer seraient énoncés dans les règlements et comprendraient la répartition des placements du régime par juridiction et, au sein de chaque juridiction, par catégorie d’actif. Les parties prenantes des régimes de retraite sous réglementation fédérale surveilleront de près ces développements afin de déterminer quels changements seront apportés.

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L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite qui figurent dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, soit une base de données qui comprend des renseignements financiers, démographiques et autres sur les régimes de retraite des clients de Mercer au Canada.  La base de données contient des renseignements sur près de 450 régimes de retraite au Canada, dans tous les secteurs d’activité, notamment les secteurs public, privé et celui des organismes sans but lucratif. Les renseignements sur chaque régime de retraite figurant dans la base de données sont mis à jour chaque fois qu’une nouvelle évaluation actuarielle de la capitalisation est effectuée au titre du régime. 

Des prévisions de la situation financière de chaque régime sont établies en fonction de sa plus récente date d’évaluation, ce qui reflète l’accumulation estimative des prestations par les participants actifs, les paiements estimatifs de prestations aux retraités et aux bénéficiaires, une provision pour intérêts, une estimation de l’incidence des changements de taux d’intérêt, des estimations des cotisations de l’employeur et de l’employé (le cas échéant) et des rendements prévus des placements en fonction de la composition des placements visée, en présumant que la composition cible pour chaque régime demeure la même au cours de la période de projection. Les rendements des placements utilisés dans les projections sont fondés sur les rendements indiciels des catégories d’actif spécifiées comme catégories d’actif cibles des régimes individuels (ou qui s’en rapprochent étroitement).   

1 Banque du Canada, 2024
2 Statistique Canada, 2024
3 ÉBAUCHE Ligne directrice no 3 de l’ACOR – Lignes directrices pour les régimes de capitalisation; date de publication : 13 mai 2022; date de révision courante : 9 mai 2023 

À propos de Mercer

Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant concrètement la santé et le bien-être de tous. Avec plus de 20 000 employés répartis dans 43 pays, Mercer exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (NYSE : MMC), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte plus de 85 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de 23 G$. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit Marsh Guy Carpenter et Oliver Wyman , Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour de plus amples renseignements, consultez le site mercer.com/fr-ca/. Suivez Mercer sur LinkedIn et X.

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