Adapter le travail à l’ère de l’IA Réflexions à l’occasion du WEF 2026 à Davos
Lors du Forum Economique Mondial (WEF) 2026 à Davos, les différents échanges sur la géopolitique, la technologie et les talents ont tous convergé vers un seul enjeu : comment les entreprises peuvent se transformer pour atteindre des performances à la fois exponentielles et durables face à une incertitude croissante. A l’occasion de ce sommet, il a été mis en évidence que, dans un monde dominé par l’IA, les entreprises qui repensent en permanence l’organisation du travail pour favoriser une collaboration entre l’humain et la technologie auront un avantage, à l’inverse de celles qui se focalisent uniquement sur le dernier outil IA disponible.
Voici les cinq thèmes qui se sont démarqués :
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Géopolitique : La volatilité comme nouvelle référenceHausse du risque géopolitique Mark Carney, premier ministre du Canada, l’a clairement énoncé : « La nostalgie n’est pas une stratégie. » Les pays, les entreprises et les institutions doivent s’adapter aux changements majeurs des alliances et des flux commerciaux. Pour les employeurs, l’enjeu est d’abord d’anticiper et d’éprouver différents modèles opérationnels, chaînes d’approvisionnement et stratégies de talents face à plusieurs scénarios, plutôt que de miser sur une seule trajectoire.
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Veille assistée par l’IA : du regard rétrospectif à une anticipation permanenteLe sommet de Davos a mis en lumière l’importance croissante des prévisions fondées sur l’IA pour la stratégie et la planification des effectifs. Face à des signaux hétérogènes, les dirigeants ont besoin d’un nouvel état d'esprit, de compétences diversifiées et d’outils innovants. Les entreprises les plus avancées considèrent l'anticipation comme un sport d’équipeen combinant des points de vue diversifiés avec des processus et des outils de plus en plus soutenus par l'IA pour la planification de scénarios, la veille stratégique, les études, la simulation et l'analyse des tendances. Anticiper de manière systématique permet de préserver une flexibilité stratégique, tout en reconnaissant qu’un atout aujourd’hui peut rapidement devenir une contrainte demain.
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Attentes des collaborateurs : Le nouvel équilibre de l’emploiDes études révèlent que l’ épanouissement au travail figure désormais parmi les priorités majeures des salariés, se plaçant au deuxième rang, à égalité avec l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, contre une huitième position en 2021. Moins d’un tiers des répondants estiment bénéficier du développement de compétences nécessaire, et même la génération Z, souvent critiquée, considère désormais les longues heures de travail comme un compromis acceptable pour garantir sa sécurité financière. Face à des transformations toujours plus exigeantes, les employeurs sont appelés à repenser le travail pour le rendre plus productif, utile et formateur, afin d’éviter le désengagement.
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Le déploiement de l’IA franchit un seuil de maturité
Nous sortons de la phase de déploiement de l’IA « à l’aveugle ». Les dirigeants reconnaissent désormais que la valeur se crée en partant du travail : repenser les processus et les rôles avant d’y intégrer la technologie. 63 % de dirigeants estiment qu’une refonte du travail intégrant l’IA et l’automatisation offre un meilleur retour sur investissement humain, tandis que 72 % des investisseurs considèrent que les entreprises misant sur l’intégration homme–IA disposent d’un avantage concurrentiel durable. Dans le même temps, les craintes liées aux pertes d’emplois dues à l’IA sont passées de 28 % en 2024 à 40 % en 2026, rendant incontournables des plans de transition des effectifs clairs et transparents
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Les compétences comme devise du travailC’est sur les compétences que l’attention des investisseurs s’est révélée la plus marquée. Près de 97 % des investisseurs affirment qu’ils pénaliseraient des entreprises qui n’adoptent pas de modèles portés par les compétences des salariés. Pourtant, seule une moitié de dirigeants estime investir suffisamment aujourd’hui pour combler les écarts de compétences de demain L'étude Skills Snapshot 2025/2026 met en lumière deux facteurs clés : une infrastructure robuste avec une cartographie centralisée des compétences qui caractérise les entreprises les plus performantes, et près de 25 % ont déjà adopté une stratégie d'IA générative pour leurs effectifs, intégrant compétences, intelligence artificielle et réorganisation du travail.
Il est temps de se transformer
Pris ensemble, ces constats mettent en lumière une réalité simple : l’avenir du travail appartiendra aux entreprises qui font de la transformation une démarche continue, plutôt qu’un projet ponctuel. Si vous souhaitez réinventer le travail à l’ère de l’IA, rejoignez notre cours en ligne du 3 au 5 mars.
Obtenez plus d’informations sur ce que nous avons partagé lors du WEF 2026 à Davos :
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Vidéo
Dans cet entretien, Judith Wiese (Siemens) et le Dr Athina Kanioura (PepsiCo) expliquent comment repenser les entreprises, le travail et la main‑d’œuvre pour un modèle opérationnel enrichi par l’IA. -
Article
Publié sur le site du WEF et co‑écrit avec Ana Kreacic, ce blog examine les attentes et perceptions des travailleurs face à la montée et à la requalification des compétences, au déploiement de l’intelligence artificielle et à l’incertitude économique, à la lumière des études Global Talent Trends 2026 et OW « 300 000 Voices ». -
Recherche Mercer
Cet aperçu des premiers enseignements de l’étude Global Talent Trends 2026 explore comment les entreprises peuvent se transformer pour créer un avantage humain durable, tandis que l’enquête Skills Snapshot 2025/2026 souligne le rôle stratégique des entreprises pilotées par les compétences. -
Recherche OW
L’enquête « 300 000 Voices » d’Oliver Wyman révèle la perception des individus sur l’état du monde, notamment en matière de travail et d’intelligence artificielle.
Senior Partner, Global Transformation Services Leader